imprimer sur simili avec un tampon

J'ai testé pour vous l'impression sur simili cuir

Cela fait maintenant de nombreuses années que j’expérimente pour vous l’impression textile à l’aide de mes tampons gravés à la main. J’ai écrit notamment un article ICI afin de vous expliquer les étapes techniques d’une bonne impression textile. Je vous y parle également des encres à utiliser afin de réussir son impression.

En développant ma gamme de tampons gravés main à l’usage des couturières (professionnelles ou non), je reçois de façon récurrente des questions sur certaines matériaux et leur utilisation dans l’impression textile. C’est une question qui revient encore plus avec ma proposition de tampons de la gamme Stamp Ta Compo ou ceux permettant de mentionner la taille ou l’âge d’un vêtement. Evidemment, la problématique est aussi soulevée lorsque vous souhaitez marquer vos créations textiles de votre logo.

Au cours d’un échange avec la créatrice derrière Les Ateliers de Kiki, je lui ai proposé de tester pour elle (et donc pour vous) le simili, matériaux qu’elle utilise fréquemment dans ses créations. Elle m’a envoyé des morceaux de ce « textile » si particulier qui pourrait s’apparenter à de la peau mais qui est en réalité plus proche d’une sorte de plastique ! Son aspect est plus brillant, parfois granuleux.

Toujours une question d'encre...

Comme je l’ai expliqué dans l’article mentionné ci-dessus, je me cantonne à l’utilisation des encres pour le tissu de la marque Tsukineko. Pour en avoir testé certaines autres qui ne m’ont pas contentée et parce que je suis plus que satisfaite du rendu des encres de cette marque, je ne vous parlerai donc que de mon expérience avec les encreurs VersaCraft (à retrouver ICI en plus de 20 coloris proposés).

Il est fort probable, comme nous le verrons à l’issue de ce test, qu’il serait plus adapté d’utiliser une encre à destination du plastique (de la même marque) que les VersaCraft.

Pour que l’expérience soit la plus parlante possible, j’ai utilisé un tampon gravé par mes soins et plusieurs coloris d’encres. Je les ai appliqués sur trois faces recto de simili (noir, rouge et blanc) et une face verso (la face qui ressemble plus à du tissu qu’à du cuir).

... mais aussi une question de surface

Le principe de base de toute impression textile est de procéder par étapes et la première de toute est de décatir le tissu. Toutefois, ce n’est pas une étape réalisable sur le simili qui s’apparente à du plastique et non à un tissu.

J’ai donc utilisé des coloris variés, clairs et foncés, afin de bien vous montrer le rendu. Ainsi de haut en bas vous avez les coloris sable, jaune, gris, bleu ciel, orange, feuille d’automne, bleu minuit, noir, argent et or.

Le simili que j’ai utilisé a un aspect « granuleux » sur le verso et l’encre ne marque pas forcément très bien à certains endroits plus creux. On se rend notamment compte des défauts de marquage sur le simili noir. Evidemment, les encres foncées n’apparaissent pas à l’impression sur la surface noire ou se superposent sur le simili rouge (quand il s’agit d’encres aux coloris similaires).

Le marquage sur le verso du simili est le plus concluant.

A noter que l’impression du tampon gravé main sur le recto du simili a tendance à « s’évaser », l’encre et le marquage sont alors plus épais.

 

Opération encrage/tamponnage en plusieurs coloris d'encres.
Impression irrégulière et test de la tenue au doigt

De plus près, sur le simili noir, on se rend compte de l’irrégularité de l’impression, somme toute assez logique au regard de l’aspect du matériaux.

J’ai ensuite procédé à un test de tenue de l’encre, après avoir attendu quelques minutes de séchage évidemment.

L’encre VersaCraft a tendance à sécher un peu lentement donc je conseille vivement de ne pas se précipiter sur ses impressions pour les toucher.

En passant mon pouce sur le marquage au tampon gravé à la main, je me suis donc rendue compte que l’encre n’était pas totalement « absorbée » par le simili. C’est une issue assez logique quand on sait que la matière s’apparente au plastique. L’encre ne peut donc que difficilement imprégner la surface.

Le rendu diffère donc selon le coloris, le temps d’attente de séchage, la pression exercée au doigt mais laisse entrevoir une tenue de l’impression laissant à désirer sur le long terme.

 

Afin que mon test soit le plus complet possible et que l’expérience parle d’elle-même, j’ai passé mon doigt sur le simili rouge.

Là encore on constate le transfert de l’encre plus ou moins sèche.

La photo permet également de mieux voir l’irrégularité de l’impression (comme si l’encre partait sur l’extérieur).

De façon encore plus parlante et significative, je vous montre le test réalisé avec un linge fin apposé sur le simili tamponnée (et que j’ai laissé sécher).

Que ce soit pour le simili rouge ou le blanc, les photos parlent d’elles-mêmes : l’encre ou du moins le surplus éventuel, s’enlève à la moindre pression ou avec un léger frottement.

A noter toutefois que l’impression subsiste malgré tout dans certains coloris d’encres.

Et si on fixe ?

Comme expliqué dans l’article sur l’impression textile en général, il est toujours conseillé de fixer son estampe avec un fer chaud. Lorsque l’impression textile au tampon gravé main est réalisée sur un tissu fragile, il faut intercaler un linge fin entre la surface tamponnée et la semelle du fer à repasser.

Je ne peux que vous conseiller fortement de choisir l’option « linge fin entre le simili et le fer » si vous ne voulez pas voir votre simili fondre et se coller à votre semelle ! Maintenant, est-ce bien utile d’aller jusque là lorsqu’on a vu les étapes précédentes ?

Voici le rendu de mes trois surfaces de simili et de mon verso après fixation au fer à repasser.

De gauche à droite, vous avez le verso qui, comme tout textile « normal » a bien conservé l’ensemble des marquages au tampon, puis le simili rouge, le noir et le blanc.

Chaque impression au tampon gravé main a subi le passage au doigt puis l’apposition délicate d’un linge et enfin la fixation au fer.

Il est évident que le simili noir est celui qui accepte le moins l’impression à l’encre VersaCraft et en conserve moins la trace. Les similis rouge et blanc réagissent surtout au marquage aux encres foncées mais l’impression reste malgré tout peu nette.

Après plusieurs semaines, le marquage est toujours présent, malgré les frottements, mais on est en droit de se demander ce qu’il en serait d’un sac utilisé régulièrement, frotté, etc.

Et donc, faut-il marquer le simili cuir ?

Si vous souhaitez vraiment en passer par l’impression sur simili avec un tampon gravé main (ou un autre tampon d’ailleurs!), je ne peux que vous conseiller vivement de procéder à des essais préalables.

Il paraît évident que les encres VersaCraft ne sont pas particulièrement adaptées à cette surface.

Soit il faudra tester et utiliser les encres aptes à marquer le plastique (ce sont des encres avec des solvants que je déconseille d’utiliser avec des tampons gravés à la main cependant, ou à manier avec beaucoup de parcimonie), soit il faudra préférer un marquage au tampon sur un autre type de textile.

La créatrice des Ateliers de Kiki a d’ailleurs, après ce test, opté pour un marquage de son logo sur une pièce de liège qu’elle coud ensuite sur son simili… une idée plutôt originale qui contourne les inconvénients de l’impression sur simili tout en conservant l’usage de ce matériaux !

Voyez plutôt ICI

***

Si vous souhaitez que je teste d’autres textiles, n’hésitez pas à me le dire en commentaire de cet article ! A bientôt !

Commentaires (02)

  1. Mon conle qui travaille le cuir depuis de nombreuses années a choisi/été formé de marquer à chaud comme quand on marque les betes dans les troupeaux. toutefois je ne suis pas certaine que cette méthode soit applicable sur du simili 😉

  2. Merci pour ce commentaire ! J’avoue que le simili étant une matériaux synthétique, je ne suis pas certaine que le rendu soit aussi joli que sur du vrai cuir….à tester lol

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